Cortisone et le Psoriasis : explications

cortisone et psoriasis

La cortisone, également connue sous le nom de « cortisol », est une hormone naturellement fabriquée par nos reins. Elle agit à la fois sur l’inflammation, sur notre système immunitaire, et sur le métabolisme des sucres, ce qui la rend intéressante dans le traitement du psoriasis. C’est ainsi qu’on en « fabrique » : résultat d’une production chimique de synthèse, les corticoïdes sont conçus en laboratoire et se rapprochent du cortisol naturel en reprenant ses vertus.

Néanmoins, il y a de plus en plus de controverse sur les effets secondaires et négatifs du cortisone, qui, très puissant, peut être aussi très dangereux : longtemps recommandé dans le traitement du psoriasis, faut-il aujourd’hui l’éviter ?

Proscrire la voie orale

 Tout d’abord, il faut préciser que lorsqu’on parle de traitement à la cortisone, c’est généralement sous la forme de crème. En effet, il faut éviter la cortisone par voie orale, car à partir du moment où on s’arrête, la cortisone peut devenir explosive, selon le Dr Fabien Guibal, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis de Paris.

Néanmoins, ce dernier précise : il ne faut pas éviter la cortisone en crème, car sous cette forme, la molécule est cantonnée à l’endroit même où la peau est affectée, de sorte qu’on bénéficie de tous ses avantages, sans avoir à en subir les effets secondaires potentiels. Ainsi, bien utilisé, la cortisone sera efficace pour faire disparaître toutes ces plaies du psoriasis : à savoir les démangeaisons, la rougeur et les squames.

Mais ce serait trop facile : car même s’il s’agit ici d’une application directe sur l’épiderme, le traitement n’est pas exempt d’effets négatifs sur le long terme, et c’est pourquoi il faut être vigilant dès le début du traitement.

L’évolution des traitements

 Les traitements contre le psoriasis ont beaucoup évolué depuis ces dernières années. Au début, on utilisait des pommades à base de vitamine D ou de cortisone, qui perdaient leur efficacité au bout d’un moment. Puis sont venus la photothérapie et les UV, qui épuisaient le capital soleil de chacun et dont ont perdu en popularité. Sans parler de la multiplication des médicaments, dont les risques d’effets secondaires ne sont pas négligeables.

Mais au cœur du traitement, on trouve donc cette constante, présente dès le départ : l’application d’une crème quotidienne sur les zones touchées par le psoriasis. Que ce soit au bas du dos, sur le cuir chevelu, sous le pied… les crèmes et pommades ont la vertu de diminuer les plaques, voire de les éliminer, à condition bien évidemment de les appliquer tous les jours, dans une bonne dose.

Les crèmes à la cortisone ont été longtemps populaires pour traiter une épidémie, puisque ce médicament inhibe la réponse immunitaire et peur diminuer l’inflammation à l’origine des démangeaisons et de la douleur. Mais s’il ne s’agit que d’une légère irritation, une telle crème forte n’est pas conseillée.

L’inquiétude est vite venue cependant à propos des ces crèmes à base de cortisone : réputées efficaces et sans danger, leurs effets négatifs sont aujourd’hui de plus en plus débattus, et il est désormais de recommander d’en espacer les applications (tous les deux, trois jours) et, au bout d’un moment, de les arrêter.

Les effets indésirables de la cortisone

 Même si l’apport additionnel en cortisone a un effet réel sur l’inflammation, il ne faut pas négliger les effets secondaires potentiels que cela peut engendrer.

La majorité des effets secondaires de la cortisone sont d’abord vus comme « mineurs » : en tête, on retrouve la perte de sommeil. De plus, la plupart des symptômes disparaissent avec l’arrêt du traitement (d’où l’importance de ne pas le continuer sur une durée indéfinie et de veiller, en cas d’application régulière sur une période déterminée, d’espacer ces applications).

Néanmoins, lorsqu’on arrête abruptement un traitement corticoïde, que ce soit pour le psoriasis ou même l’eczéma, on peut avoir un phénomène de « rebond » indésirable très puissant, ce qui peut prendre au dépourvu le patient non averti.

En outre, lors de traitements prolongés, on note un risque de faiblesse rénale sur le long terme : et là, cela dépend réellement des personnes, car nous réagissons tous de manière différente aux traitements, et certains y sont plus sensibles que d’autres. Par exemple, certains pourront également constater un amincissement de la peau, une fissuration ou une rougeur extrême.

Il faut donc garder à l’esprit que les médecins s’accordent la plupart du temps à relater que les dangers de la cortisone sont perçus comme les plus importants par les patients, et que si votre médecin vous prescrit un traitement à la cortisone, il vous faut immédiatement signaler tout effet secondaire constaté afin qu’il puisse prendre les mesures appropriées ou stopper le traitement pour une méthode alternative.

Une solution pour le court terme ?

 On a donc, suite à ces études, déclaré que la cortisone contre le psoriasis était plus efficace lorsqu’utilisée en combinaison avec d’autres traitements, et si son usage était strictement limité, ces stéroïdes entraînant des effets secondaires importants sur le long terme.

La cortisone semble donc appropriée pour une thérapie à l’adresse de poussées ponctuelles et localisées, chez les personnes atteintes de formes légères seulement de psoriasis, et qui n’en auraient ainsi l’usage que sur une courte période, qui n’entraînerait pas non plus d’effet de rebond. Mais ces personnes ne devront alors pas oublier de travailler avec un dermatologue bien spécialisé dans le traitement afin d’être au mieux accompagnées.