Le Psoriasis au Travail

En moyenne, on passe un tiers de notre vie au travail, et plus de temps encore avec nos collègues, que ce soit pour des afterworks, des week-ends, ou simplement parce qu’ils sont devenus des amis. Mais pour les personnes atteintes de psoriasis, le travail peut représenter un stress supplémentaire où le regard de l’autre peut parfois être blessant et nous pousser davantage à nous renfermer sur nous-même.

Comment vivre donc sa vie au travail quand on fait du psoriasis ?

 Impact du psoriasis sur le travail

Selon une étude de la National Psoriasis Foundation, le psoriasis a un impact sur le parcours professionnel de 26% des patients atteints de la maladie. Par ailleurs, 10% affirment avoir poser parfois 1 à 2 jours de congés à cause de leur psoriasis. Il ne fait pas de doute que le travail peut parfois être une grande source de stress au quotidien. Des deadlines à tenir, des clients à gérer, des dossiers qui s’empilent…

Alors quand il faut aussi composer avec la douleur et l’inconfort physique que peut entraîner une poussée de psoriasis, et affronter les regards et les a priori de ses collègues, soit parce que cela se voit sur vos mains ou parce que vous avez des plaques visibles sur le visage, le stress est clairement à son paroxysme.

Et on a déjà vu à quel point le stress pouvait être terrible comme facteur déclencheur de nouvelles pensées ! Rien ne semble alors plus facile pour tomber dans son cercle vicieux, se renfermer sur soi, vouloir prendre quelques jours de congé, laisser tomber les relations sociales, voir sa productivité tomber en berne…

Jusqu’à des discriminations 

Parfois, il est même possible de faire face à des remarques désobligeantes ou des comportements de rejet : d’après l’association France Psoriasis, plus de 6 personnes sur 10 atteintes de psoriasis ont été victimes de discriminations dans leur vie sociale, en milieu scolaire ou avec la famille et les amis, mais, surtout, particulièrement au travail (enquête OpinionWay de 2015 réalisée auprès de 1360 patients atteints de psoriasis).

En effet, parmi ces personnes, 40% disent l’avoir été en milieu professionnel. Plus d’un tiers de ces personnes ont déjà vécu un rejet physique, par exemple le refus de serrer la main, et 7% évoquent des « freins à l’évolution » de leur carrière. Résultat : 29% avouent « je me suis replié sur moi-même ».

Les stratégies à adopter 

Le problème majeur de ce rejet vient de ce que le psoriasis est une maladie méconnue. Et du fait qu’elle ait des symptômes physiques, apparents, parfois directement sur le visage. Elle peut donc susciter une réaction immédiate chez l’autre, qui sera d’abord curieux sur ce qu’il vous arrive, d’autant plus si vous devez vous absenter pendant les crises les plus sévères.

Alors une solution peut être de modifier certains aspects de son travail, afin de minimiser le malaise. Par exemple en se planifiant des moments particuliers pour s’appliquer ses traitements ou prendre soin de sa peau sans se faire remarquer. Ou, par exemple, lorsque vous faites une poussée de psoriasis, vous pouvez commencer par attaquer les tâches les plus importantes, pour ensuite vous atteler aux tâches moins importantes plus tard dans la journée, lorsque vous manquerez d’énergie.

Vous pouvez aussi vous couvrir, en portant des manches longues ou pantalons longs pour couvrir les lésions, et voir avec votre médecin de travail certains arrangements. Mais il peut aussi être utile d’anticiper ces problèmes et de prendre de l’avant en allant expliquer directement votre maladie à vos collègues.

En parler au travail

Cette décision est purement personnelle. Evoquer le sujet permettra à votre entourage professionnel d’être plus compréhensif, car il sera déjà mieux informé de la situation. Egalement, cela présente l’avantage de pouvoir mieux organiser vos absences et, surtout, il est très probable que vos collaborateurs, après ça, vous soutiennent.

C’est un choix qui peut être difficile, mais beaucoup de personnes confrontées à cette situation expliquent que les réactions de leurs collègues ont été positives, contrairement à leurs craintes, car cela les aide à se défaire de leur préjugé et de mieux apprendre à connaître cette maladie qui n’est pas contagieuse.

A qui parler en premier de mon psoriasis ?

Le plus simple est d’aborder le sujet avec un collègue proche et avec votre responsable. Ensuite, vous verrez comment, au fur et à mesure, vous en parlerez avec vos autres collègues. Pas besoin de faire compliqué : le psoriasis est une maladie simple, alors choisissez des mots simples et expliquez que ce n’est pas contagieux, juste visible, et que ça survient parfois par poussées, mais qu’il n’y a pas de quoi s’affoler. Soyez absolument décomplexé lorsque vous en parlez. Il n’y a pas de honte, n’oubliez pas qu’un français sur 20 est concerné, vous n’êtes pas seul dans ce cas. Parlez-en comme vous en parleriez d’une allergie. Ne vous mettez pas sous pression, et choisissez un moment propice, au calme, pour aborder le sujet.

Quels avantages à en parler au travail ?

 Bien sûr, cette décision est purement personnelle et rien ne vous oblige à suivre ce conseil. Mais il faut quand même reconnaître qu’il présente quelques avantages.

D’abord, vous aurez moins peur du regard de l’autre et serez probablement moins tenté de vous cacher ou de cacher vos plaques. En plus, en été, vous oserez les manches courtes, et vous serez également plus à l’aise, pour demander de l’aide à vos collègues.

Aussi, ceux-ci, plus compréhensifs, perdront leur réaction de rejet, ou alors ignorez-les car ils ne méritent pas votre attention. Et n’oubliez pas , la maladie est plus répandue que vous ne le pensez : si ça se trouve, vous serez étonné d’apprendre que vous n’êtes pas le seul à être concerné au bureau !